Dépaysement au « Café Royal »

La commune de Schaerbeek est connue pour sa diversité culturelle. Le quartier turc situé autour de l’Eglise royale Sainte Marie offre un très bel aperçu de cette richesse multiculturelle. D’ailleurs, au « Café Royal», la langue de Molière semble avoir disparu et le dépaysement est total. 

Autour du parvis de l’Eglise royale Sainte Marie, des façades bleues, rouges ou roses interpellent le regard. Au milieu de tout ça, le « Café Royal ».  Enclavé entre une cordonnerie et un autre bistrot, la devanture est assez sobre. La partie inférieure du bâtiment, destinée au commerce, est de couleur blanche avec pour seule inscription, les lettres noires «  CAFE OYAL DOGAN »collées sur la vitrine. Juste au-dessus de celle-ci, un écriteau blanc et rouge rappelle le nom du bar. La partie supérieure, quant à elle destinée à l’habitation, est de couleur gris-brunâtre et donne une sensation de neutralité.

D’allure plutôt banale, là-bas c’est la gente masculine qui domine. Une seule femme est présente, la gérante. L’intérieur est assez neutre : cinq tables carrées et une ronde, recouvertes d’une nappe en tissu jaune moutarde et ornées de petit points bleus. En harmonie avec ces dessus de table, des chaises et banquettes bleus offrent un confort standard aux clients.  Les murs sont roses, sans décoration superflue. Seule quelques calendriers et une affiche pour un opérateur téléphonique, « Ortel Mobile Türkije », revêtissent les parois. Un soubassement en bois laqué et incrusté de miroirs rappelle la vieillesse des lieux.

C’est la période des vacances scolaires. Le « Café Royal » n’est pas très rempli mais pourtant l’intérieur y est très bruyant et l’atmosphère plutôt oppressante. Quatre hommes, assez âgés, sont assis chacun à une table et discutent ensemble dans une langue étrangère. Pas un mot français ne jaillit de la conversation. Un autre homme a préféré profiter des rayons du soleil d’automne pour s’installer en terrasse et lire le journal. Une musique à consonance orientale résonne à travers deux petits baffles suspendus au mur. On ne l’entend quasiment pas. Les conversations et les bruits extérieurs dominent.

Un homme, assis juste derrière la vitrine, observe la vie extérieure. La vue expose une place en pavé bleu s’étalant devant l’Eglise royale Sainte Marie. Les arbres au feuillage d’automne, à la fois jaune, orange, brun, apporte une touche de couleur et de gaité au-delà de la grisaille du temps. Des enfants jouent au ballon, au milieu des pigeons qui s’envolent dans un bruissement d’ailes. Deux femmes voilées discutent sur un des bancs entourant le parvis. Les vroum des voitures se superposent aux rires et cris des enfants.

Il est onze heures. A l’intérieur du café, le dong de la cloche de l’Eglise royale Sainte Marie retentit. Juste après, c’est le pchou de la machine à eau chaude qui résonne. Et soudain, une odeur de menthe se répand dans tout le café.

On pourrait facilement se croire dans un autre pays et pourtant ces étrangers, cette langue inconnue pour certains, ces écritures que d’autres décriront comme bizarre, c’est ça aussi Bruxelles.

(Article réalisé dans le cadre du cours de presse écrite, Ihecs, 2011)

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