Galerie

Guernica, pour ne rien oublier

image

27 avril 1937, la petite ville basque de Guernica est bombardée par l’aviation nazie et italienne. Ce massacre a été voulu par Hitler, allié du général Franco lors de la guerre civile espagnole. Suite à cet évènement, des républicains pour le pavillon espagnol de l’Exposition universelle de Paris commande une œuvre à Pablo Picasso.  Plus qu’une simple toile, Guernica va devenir un symbole incontestable de la lutte contre la violence et la guerre.

 Il est 16h30, heure du marché local dans la petite ville de Guernica dans le Pays basque. La Légion Condor, armée de ses bombes antipersonnelles et incendiaires, s’apprête à marquer l’histoire. Trois heures plus tard, c’est l’hécatombe. La ville est détruite, le feu domine et les corps sans vie jonchent les rues. Une scène d’horreur qui restera dans les mémoires et qui démontre le cynisme, la violence, la douleur, la mort.

Ce sont ces expressions qui sont reprises dans le chef d’œuvre de Picasso. Une toile monochrome qui rappelle directement les photos de guerre de l’époque. Un camaïeu qui deviendra le symbole de la répression franquiste mais aussi de la guerre en général. Tout droit sortie du cubisme, cette peinture s’apparente à un puzzle. Elle est inspirée par la tauromachie et met en scène des hommes, des taureaux et des chevaux déchiquetés et hurlant de douleur. La représentation du taureau et du cheval n’est pas anodine puisque le premier désigne la brutalité et le second commémore le peuple.

Tristement célèbre, cette fresque de Picasso est actuellement reprise dans « La ballade des historiques anonymes ». Ce spectacle qui relate l’issue de la guerre civile d’Espagne et l’avènement de Franco au pouvoir, a construit sa mise en scène un peu à la manière de Picasso. Dès le début de la pièce, les deux acteurs se plongent dans un tableau, faisant d’emblée référence àGuernica. Au fil du jeu, le décor se construit, un peu à la manière d’un puzzle. Les choses s’emboîtent les unes dans les autres, se démontent, se transforment et donnent naissance à un nouveau décor. « L’idée de base de la mise en scène était avant tout d’essayer de reproduire un grand tableau historique », confieront  Ivan Fox et Anton Tarradellas, les deux protagonistes de ce spectacle.

 Cette pièce théâtrale ainsi que la toile du peintre espagnol ont un point commun : se souvenir ou plus justement, ne pas oublier. Il faut savoir ce qui s’est passé afin d’éviter de refaire les mêmes erreurs. Les écrits restent, les paroles s’en vont. C’est souvent le cas. La pièce est construite sur des témoignages. Cette transmission générationnelle permet d’encore percevoir du vécu et du vivant. Dans quelques années, cela ne sera plus possible. Les paroles se seront envolées. Par contre, l’esquisse demeure. Elle restera encore longtemps le symbole de la répression et un emblème de la cruauté de la guerre en général.

(Article réalisé dans le cadre du cours de presse écrite, Ihecs, 2011)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s